Allocution au Père Lachaise du vendredi 13 novembre 2015

A la demande de plusieurs adhérents de « Ceux de Rawa Ruska », veuillez trouver l’allocution d’Alain ZARA, Président de Paris-Île de France, prononcée le 13 novembre 2015 au cimetière du Père-Lachaise, là où sera érigée la stèle en mémoire de « Ceux de Rawa Ruska » :

73 ans !
73 ans après l’ouverture du Camp de Rawa Ruska, le stalag 325, nous voilà réunis au Père Lachaise, au sein des monuments à la mémoire des déportés, à l’endroit où sera érigée une stèle qui rappellera le courage, la dignité de ceux qui y furent internés.

Nous tenons à remercier très vivement :

Monsieur Thierry BLANDIN, adjoint à Madame Frédérique CALANDRA, Maire du 20ème, chargé de la mémoire, des anciens combattants et Correspondant défense qui nous a accueillit à plusieurs reprises pour nous aider

Madame Yvette MAIRE, Inspectrice honoraire de l’Education Nationale, sympathisante de l’Association qui fût et est toujours la cheville ouvrière de ce projet

Madame Catherine VIEU-CHARRIER, adjointe à Madame la Maire de Paris, chargée de la mémoire et du monde combattant, toujours fidèle, depuis de nombreuses années, à « Ceux de Rawa Ruska » en nous recevant à la Mairie de Paris pour nos Assemblées générales et qui s’est occupée, avec toute son équipe, de cette reconnaissance de ce que fût le camp de Rawa Ruska.

Monsieur Laurent BELLINI, Chef de Cabinet de Madame Catherine VIEU-CHARRIER

Mais qui étaient ces prisonniers de Rawa Ruska ?

Ceux de Rawa Ruska étaient, pour les nazis, des « fortes têtes » irrécupérables et Rawa Ruska était donc un camp d’élimination dans lequel se sont retrouvés des hommes mus par un seul but : ne pas courber l’échine.

Si nous sommes ici, en ce lieu hautement symbolique, ce 13 novembre 2015, 70 ans après la fin de la guerre, c’est grâce à ces hommes qui n’avaient pas accepté la défaite, qui n’avaient pas accepté cet armistice honteux et qui voulaient continuer à se battre.

Ces hommes étaient des hommes d’honneur.

Le camp était situé dans le « Triangle de la mort », en Galicie, actuellement en Ukraine, principale zone d’extermination des Juifs d’Europe, il jouxtait le ghetto de la ville de Rawa Ruska et les prisonniers de guerre sont ainsi les témoins des persécutions et de la liquidation de ce ghetto. Ce transfert, vers l’est de prisonniers de guerre, correspondait manifestement à un désir d’élimination, la Russie soviétique n’ayant pas adhéré à la Convention de Genève.

Le 13 avril 1942, arrivée d’un premier convoi de 2.000 prisonniers français et belges, il avait été précédé de l’arrivée de plusieurs médecins pour préparer le camp ! Il fût suivi d’autres convois et le camp comptât jusqu’à 15.000 prisonniers en même temps. Ils voyageaient dans des wagons à bestiaux contenant 80 à 100 hommes et le voyage durait de six à huit jours.

Le camp est situé dans une région environnée de marécages et de tourbières, infestée de moustiques, au climat continental. Les détenus sont entassés dans des anciennes écuries et des baraques qui n’ont ni eau, ni chauffage ni latrines. Il n’y a qu’un seul robinet d’eau pour tout le camp et cette eau n’est pas potable et la nourriture est très insuffisante, Churchill en parlât comme « le camp de la goutte d’eau et de la mort lente ». Il fût créé une infirmerie mais il n’y avait aucun médicament seul le dévouement des médecins adoucissaient les souffrances des malades.

Les prisonniers se considéraient comme des résistants de l’extérieur, nombreux sont ceux qui ont tenté de nouvelles évasions, certains réussirent, beaucoup l’ont payé de leur vie.

Nous avons entendu leur douleur profonde, leurs peurs, leurs souffrances, leurs angoisses, le mal que l’homme peut faire à l’homme, n’oublions pas.

Rawa Ruska ne s’oublie pas, Rawa Ruska ne doit pas être oublié

Nous, les descendants, montrons-nous dignes de nos anciens et portons haut cette dignité

Je tiens à remercier, pour leur participation et leur aide, ceux qui ont répondu présent et qui nous font également l’honneur d’être à nos côtés :

La musique des Gardiens de la paix.

La chorale des enfants de l’école Gambetta, leur gentillesse est un profond réconfort, et toute l’équipe enseignante.

La conservation du Cimetière du Père Lachaise, représentée par madame Martine LECUYER et son adjoint monsieur Christophe DURAND.

Le Président de la Section de la Légion d’Honneur du 20è

La Présidente de l’Ordre des Palmes Académiques du 20è

Alain ZARA
Descendant
Président Paris-Île de France
Vice-président National

Le président de Parie-Île de France lors de son allocution. On reconnaît M. Thierry BLANDIN, adjoint à Me la Maire du 20è.

Le président de Parie-Île de France lors de son allocution. On reconnaît M. Thierry BLANDIN, adjoint à Me la Maire du 20è.

La musique des Gardiens de la Paix

La musique des Gardiens de la Paix